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La guerre des mots se poursuit entre le président Jocelerme Privert et l’ex premier ministre Evans Paul

Evans Paul dément les allégations selon lesquelles son gouvernement aurait dépensé 85% du budget cinq mois avant l’expiration de l’exercice fiscal. Alors qu’il travaille sur un ouvrage intitulé « La politique du vivre-ensemble », l’ex-Premier ministre, pompier converti en pyromane, ne peut pas encore digérer la mesure d’interdiction de départ qui a été prise contre lui et plusieurs de ses anciens ministres dans le cadre d’une enquête sur le fond PetroCaribe. Il était l’invité de Robenson Geffrard à l’émission « Sa kap kwit » sur Télé 20.

 

 

La guerre des mots et des chiffres se poursuit entre le président Jocelerme Privert et l’ancien Premier ministre Evans Paul. Plus de deux mois après être passé à l’offensive au sein de la coalition Entente démocratique, le pompier est revenu à la charge ce mardi. Lors de son passage à l’émission « Sa kap kwit », présentée sur la chaîne 20 par Robenson Geffrard, Evans Paul a rejeté les allégations de Jocelerme Privert selon lesquelles l’administration Martelly-Paul aurait, 5 mois avant la fin de l’exercice fiscal, dépensé 85% du budget. « C’est un mensonge. Le budget est dépensé par douzième. C’est une prévision. Le budget est de 120 milliards de gourdes alors que les recettes peuvent avoisiner les 65 à 70 milliards de gourdes. Ainsi, il y a un déficit de 35 à 40 milliards de gourdes que nous cherchons à combler avec l’aide internationale. Comment trouver 85% d’un montant qui n’existe pas ? », s’est-il demandé.

Evans Paul souligne que l’argent du Trésor public ne peut pas être dépensé à tout-va, comme on veut le faire croire. « Il y a toute une procédure à suivre. Il y a des institutions comme la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, la BRH, etc. Comme Premier ministre, je n’ai pas eu le pouvoir de signer un chèque », a-t-il fait savoir, soulignant que le président Privert, de par expérience (Directeur de la DGI, sénateur, ministre) est censé connaître les mécanismes. « Il ne devrait pas avoir ce discours. C’est mentir aux jeunes. Car l’Etat ne fonctionne pas ainsi ». Evans Paul met le président Privert et son équipe au défi de prouver qu’il a effectivement dépensé 85% du budget.

 

 

Lors d’une conférence de presse, le président Privert, fraîchement élu, avait indiqué avoir hérité d’une situation financière catastrophique. Evans Paul le dit sans détour. Il n’a pas laissé la situation financière au rouge, comme l’accuse l’équipe succédant à son administration. « S’il en était ainsi, l’Etat serait en rupture de paiement. Il n’aurait pas pu payer les fonctionnaires de l’administration publique, honorer ses engagements envers les institutions internationales ni permettre le déplacement des cortèges officiels », a-t-il dit, indiquant avoir laissé le pays comme il était avant. « J’ai laissé un pays qui n’est pas riche mais qui peut faire face à ses responsabilités minimales », explique-t-il.

Par ailleurs, Evans Paul est revenu sur les raisons qui ont motivé sa métamorphose de pompier en pyromane. « Ce n’est pas la même chose. Se charger de ses responsabilités est une chose. Se défendre contre ses détracteurs en est une autre », a dit l’ancien pourfendeur de la dictature des Duvalier, qui ne digère toujours pas la mesure d’interdiction de départ prise contre lui et plusieurs de ses anciens collaborateurs. « Il n’y a eu aucune justification pour cette interdiction de départ. Le problème de la corruption est réel. Mais on ne va pas le résoudre en le banalisant. Ni en l’utilisant comme motif de persécution politique », a-t-il balancé.

Il se félicite de s’être abstenu de toute chasse aux sorcières quand il était au pouvoir. « Durant mon administration, la justice n’a pas utilisé son pouvoir pour nuire aux gens. Lors des élections, tous les leaders politiques, y compris l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, ont pu mener campagne sans s’inquiéter. Et j’avais passé des instructions formelles à la PNH pour sécuriser les déplacements de tout le monde », s’est félicité. Pour l’heure, en plus de son engagement politique auprès de Jovenel Moïse, Evans Paul informe qu’il travaille sur un ouvrage, « La politique du vivre-ensemble », dans lequel il partagera ses expériences à la tête de la Primature. Le Nouvelliste

 

 

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